| LA HIÉRARCHIE CHEZ LE CHIEN
DANS UN GROUPE D'INDIVIDUS D'UNE MEME ESPECE : Le chien est un mammifère social, comme l'homme. Qui dit mammifère social dit organisation : tout groupe de chiens fonctionne selon une hiérarchie bien établie, un système social, des règles de vie en groupe. Cette organisation implique :
Chacun sait où est sa place dans le groupe, la hiérarchie évite les conflits, apporte une paix relative au sein du groupe et permet la clarté de la communication dans le groupe. Alpha :
Le fait d’avoir la priorité sur tout, y compris la reproduction, lui permet d’assurer la continuité de l’espèce.
Alpha est le garant de
la sécurité de tous, s'il vient à disparaître, c'est la mort de ce groupe
(jusqu'à ce qu'un nouvel alpha émerge). La
femelle alpha : Elle éloigne les autres femelles qui voudraient accéder au mâle alpha, elle domine les femelles Le mâle bêta : C'est le second dans la hiérarchie, après alpha. Toujours un mâle, c’est l’individu qui a le plus d’interactions avec alpha : il tente de le faire tomber, de lui prendre sa place, il est en compétition avec lui. Il est aussi en interrelation avec les autres membres : il les domine, mais alpha le domine. Situation parfois inconfortable pour lui...
Note : bêta n’est pas toujours présent dans tous les groupes,
contrairement à alpha.
Vous avez bien suivi ? Avez-vous remarqué la phrase d'introduction en lettres capitales ? Car c'est capital : il ne s'agit-là que de notions concernant un groupe d'individus appartenant à la même espèce !! Voyons à présent comment les choses se passent entre les humains et les chiens.
Extrait du livre "La cause de chiens" de Laurence Bruder Sergent :
Qu'en est-il de la notion de hiérarchie dans les relations entre l'homme et le chien ?
La thèse qui avait cours
depuis des décennies dans les milieux du chien, considérait qu'il fallait
transposer les Cette position ne tient pas compte de deux éléments cruciaux : tout d'abord, notre chien domestique est captif, ce qui signifie qu'il ne dispose d'aucune liberté, c'est son humain qui le contrôle, lui permet de se nourrir, de se reproduire (éventuellement), d'établir des relations sociales. Ensuite, le chien et l'humain appartiennent à deux espèces différentes. Comment pourrait-il y avoir une hiérarchie entre deux systèmes opposés sur des points aussi fondamentaux que la pensée, le fonctionnement social, les modes de communication ? Le premier éthologiste français à avoir parlé d'absence de hiérarchie inter spécifique est à ma connaissance, Michel Chanton. Lors d'une conférence dispensée en septembre 2004 à l'Université des Comportementalistes, il a développé l'hypothèse selon laquelle il ne peut exister de hiérarchie entre deux espèces différentes. Un bon nombre de comportementalistes présents dans l'assemblée ce jour-là a été surpris devant une telle affirmation, en contradiction avec les idées admises depuis si longtemps. Le chien familier,
c'est-à-dire qui vit dans la famille, ne fonctionne pas de la même façon
qu'à l'état sauvage, même si certains comportements se retrouvent. Nous ne
sommes pas de la même espèce, il ne faut donc pas s'attendre à ce que vot Il n'en reste pas moins que dans le système que nous formons avec nos chiens, un minimum de règles est indispensable au bon équilibre et à la bonne cohabitation de tous. Chez les canidés, la hiérarchie, c'est-à-dire la bonne organisation de tous, est une composante sociale importante, qui contribue à la stabilité et à la survie de tout le groupe. Certaines attitudes sont intolérables pour les humains comme pour les chiens, et votre compagnon peut tout à fait se conformer à vos règles de vie dans la maison et en extérieur. Ou alors, il peut fixer, lui, les règles, et prendre rapidement le contrôle de la petite " meute " que vous formez avec lui. Avec un peu de doigté nous pouvons sans problème nous faire respecter en tant que leader (dans le sens de " meneur ", pas dans le sens de " supérieur " !) sans passer par la dictature. Un meneur est un repère rassurant et sécurisant, un dictateur agit sous le régime de la terreur. Vous-même, votre conjoint, voire vos enfants (à partir d'un certain âge), pouvez sans problème vous faire respecter de lui (comme vous le respectez), c'est-à-dire lui accorder des privilèges, tolérer certains comportements, être laxistes sur quelques points insignifiants et dans le même temps, lui demander de se conformer à vos contraintes. Il est très important pour un chien de vivre dans un système clair, il a besoin pour son équilibre psychologique d'une place établie et sans équivoque au sein du groupe. Il n'y a rien de pire pour semer le trouble dans l'esprit d'un chien que la confusion. Etre le meneur du chien ne signifie aucunement qu'il faut user de brutalité, mais simplement de fermeté et de cohérence. N'imaginez pas qu'il va en souffrir, au contraire : si vous fonctionnez comme lui, en tenant compte de sa réalité (sans projeter la vôtre sur lui), il trouvera sa place dans votre famille et sera à l'aise dans les codes qu'il connaît. D'autre part, je rappelle que vous êtes responsable de votre chien. Ainsi, même s'il vous parait inutile de lui apprendre quelques règles de savoir-vivre à l'intérieur de votre foyer, il est de votre responsabilité de vous faire obéir par votre chien dès lors que votre rencontrez d'autres personnes : pour sa sécurité, la vôtre, et celle de vos concitoyens, vous devez avoir un minimum de contrôle de votre compagnon. Etre le meneur c'est faire respecter certaines règles sans faire preuve d'abus de pouvoir. On craint un dictateur mais on respecte un démocrate. Mieux vaut donc que votre chien se sente sécurisé et rassuré, plutôt que terrorisé ! Laurence Bruder Sergent
|